Salut tout le monde,
Voici un petit projet pour une publication sur le blog alternotre.
Je me suis tellement fait pourrir la première fois que j'ai eu envie d'y retourner !
A la base j'avais repris les calculs de rendement énergétique par passager. Le résultat était apparemment sans appel, cependant, je ne pouvais pas imaginer que Mr Bertin ait loupé cet aspect. A mon sens il devait y avoir une bonne raison que je n'avais pas compris. Au final, après ... 18 mois de réflexion, voici mes conclusions sous forme d'article.
Merci de votre lecture, commentaires... et corrections... :
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Le 19 Juillet 1974, J De Barin dans « Le Monde » supporte le système de transport « TGV » en dénonçant « ..l’engouement de certains politiques soucieux de ne pas manquer un rendez vous avec l’histoire pour l’aérotrain, sans se préoccuper d’abord des besoins à satisfaire ». Cette prise de parti révèle deux questions essentielles :
- Quel est le besoin à satisfaire ?
- Qui du TGV ou de l’Aérotrain remplis le mieux le besoin ainsi désigné ?
Le Besoin : Etre rapide et économe.
S’il s’agit de remplacer une partie du trafic aérien par un transport de surface, le but est donc de déplacer rapidement une masse de personne d’un point à un autre. Dans le même temps, on peut attendre d’un tel mode de transport une consommation énergétique nettement moindre que celle engendrée par un aéronef. Donc, pour résumer, le besoin c’est de transporter des passagers, rapidement avec le meilleur rendement énergétique possible.
Une réponse : Le TGV, évidemment !
Dans le domaine du 250 à 300 Km / H, L’aérotrain I 80 se proposait de propulser 80 passagers grâce à une puissance embarquée de 3300 Kw. Il est donc utilisé 30,34 Kw par passager (2427 Kw / 80 ) pour déplacer ce dernier à 250 Km / H.
En face, le TGV 1ère génération à travail identique, requiert 6540 KW / 345 passagers, soit 18.96 Kw / Passager. Le nouvel AGV requiert lui 18.46 Kw. Clairement, face au coussin d’air, le train rapide à roue l’emporte.
TGV : La victoire du médiocre " Edit suite commentaire Chd "
Admettons qu’un passager et ses bagages représentent une charge utile de 100 Kgs. L’aérotrain, ainsi chargé, représente une masse de 32 Tonnes. La masse brute de la machine est elle de 25 Tonnes. Pour 100 Kgs de charge utile (le passager) on aura donc une masse « technique » de 300 Kgs. En des termes plus financiers, on peut dire qu’entre l’unité de payante ( le passager) et le capital immobilisé ( le véhicule aérotrain) Il y a un rapport de 3.
En face, le nouvel AGV a une masse brute de 510 Tonnes et peut transporter 650 Passagers. Le même calcul donne donc un rapport passager / masse technique de 784 KGs, soit, un rapport Unité Payante / Capital immobilisé de 7.84.
Donc, au final, sur un investissement énergétique de 100 % l’aérotrain en valorise 30 % pour mouvoir efficacement un passager. L’AGV va, lui, valoriser effectivement 12.7% de son énergie, le reste ne servant qu’à mouvoir sa propre masse.
Pour parvenir au même rendement, à masse égale, l’AGV devrait transporter 1700 Passagers au lieu des 650 actuels. L’aérotrain pour « descendre » au niveau de l’AGV devrait ne transporter que 35 passagers au lieu des 80 possibles.
Au final TGV et AGV sont des machines avant tout conçues pour se transporter elles-mêmes.
S44 : L’ennemi mortel.
Pour conclure ce long billet, penchons nous un peu sur le S44. En 1974, cet aérotrain électrique préfigurait ceux qui auraient dû voler entre Paris et Lyon. Pour une masse brute de 8.4 Tonnes, il lui était possible de transporter 44 passagers pour un investissement énergétique de 400 Kw. A 170 Km maximum, la vitesse du S44 était nettement inférieure à celle du TGV. Cependant, appliquer le même calcul au S44 produit les résultats suivants :
- Rapport passager / Masse technique : 191 Kgs immobilisés pour 100 Kgs transportés – soit un rapport Unité payante / Capital immobilisé de … 1.91 - (AGV 7.84)
- Puissance requise spécifique par passager : 9.09 Kw - (AGV 18.46 )
A voir ces chiffres, on peut imaginer sans trop de peine, qu’un aérotrain «électrique » aurait développé un rapport spécifique énergie / passager identique à l’AGV pour un rapport Unité Payante / Capital immobilisé 4 fois inférieur.
A 26 Millions d’euros pour une rame AGV, il est regrettable que la politique n’ait pas eu le souci d’avoir avant tout rendez vous avec l’Histoire.
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Merci pour votre experte lecture .
