Salut !
Ce n'est pas la première fois que ce genre d'annonce est fait, en Chine ou ailleurs... Il faut la prendre avec la plus grande prudence...
Un point sur sujet...
D'abord, le projet Transrapid N'EST PAS ARRÊTÉ. Il est juste très mal en point avec l'abandon récent du projet de liaison entre Munich et son aéroport (alors que là aussi "ça devait se faire"), mais ce n'est pas la première fois qu'un projet aussi avancé est stoppé (la ligne Hambourg / Berlin a aussi été abandonnée alors que tout était signé...)
En Chine, l'accord de construction d'une ligne de Transrapid entre Shangaï et son aéroport a été signé en juillet 2000, à l'occasion de la visite du premier ministre chinois sur la base d'essais en Allemagne (2 juillet 2000). Par hasard, j'étais à bord du Transrapid la veille de cette visite, et je peux vous dire que l'ambiance sur la base était pour le moins tendue ! Les allemands jouaient gros (surtout que moi, ce jour là, je n'ai rien signé !

).
Dans les grandes lignes, l'accord prévoyait que les chinois paieraient la voie, tandis que les allemands paieraient les véhicules.
Dès l'inauguration de cette ligne, le 31 décembre 2002, sa prolongation a été évoquée.
Cette annonce n'a surpris personne : l'usine construite par les chinois pour la fabrication des éléments de voie avait été largement surdimensionnée pour la construction des seuls éléments de la voie de Shangaï.
Restaient les éléments politiques...
En effet, depuis lors, la prolongation de cette ligne est un véritable serpent de mer. Les négociations sont ardues et la Chine use évidemment des difficultés rencontrées par l'Allemagne pour commercialiser son produit, y compris sur son territoire.
Ainsi, la Chine exige pour engager la prolongation de voie des transferts de technologie jugés inacceptables par les allemands.
Il y a d'ailleurs déjà eu semble-t-il des transferts de technologie bien involontaires... pour les allemands tout du moins.
Voici ce que j'ai lu dans le journal suisse "24 heures" il y a quelques mois... ça se passe de commentaire !
Siemens et Thyssen-Krups se réjouissaient quant à eux d’avoir trouvé un terrain d’expansion illimité pour leur train à traction magnétique, le Transrapid, une «merveille technologique» sans application pratique jusqu’ici en Europe. Puis les Allemands ont assisté, ébahis, à la naissance du train magnétique fabriqué par les Chinois, baptisé «le dauphin», et qui devrait entrer en service dans quelques mois. Des équipes d’ingénieurs, avec l’aide des services secrets, s’étaient relayées, de nuit, pour collecter les plans du Transrapid allemand stationné dans un hall de Shanghai.
Les chinois ont donc lancé leur propre train à sustentation magnétique, sans doute très largement inspiré de la technologie allemande. Ce train n'a bien sûr pas les performances du Transrapid, mais il fait pleinement partie des "manoeuvres d'intimidation" en cours actuellement sur le sujet.
Autre élément : alors que le projet de Munich était presque signé et que ses détracteurs en Allemagne se déchaînaient, les chinois ont annoncé qu'une "association de riverains de la voie de Shangaï"

s'était constituée et que cette association s'inquiétait des impacts potentiels de la technologie Transrapid sur la santé. Une enquête (chinoise) a donc été diligentée et on imagine très bien le lien qui aurait pu exister entre les résultats de cette enquête, la signature du projet de Munich et l'acceptation par l'Allemagne de transferts de technologie qu'elle refusait jusqu'alors...
Le projet Munich est finalement tombé à l'eau, et à ma connaissance, l'enquête chinoise sur les nuisances du Transrapid n'a rien donné de significatif... Mais cette "anecdote" montre bien que le Transrapid est aujourd'hui au coeur d'une véritable guerre commerciale, ou personne ne se fait de cadeaux.
N'oubliez pas que la partie émergée d'un iceberg ne représente que 10% de sa totalité...
Que cache donc cette dernière annonce ?
Jürgen en sait peut-être plus, mais je ne suis pas sûr qu'il ait le droit de dire ce qu'il sait...
Pierre.