de fredh » 10 Avr 2011, 13:09
et voilà, je suis rentré...
voici le premier jet du texte pour le Talav brodé quelque part au dessus de l'Atlantique...
C'est au Centre universitaire du FEI (Fundaçao Educacional Inciana) de São Bernardo do Campo près de São Paulo au Brésil que commence l'histoire du Talav. Cette université prestigieuse forme les futurs ingénieurs du pays aux techniques de conception automobiles dans son département Génie mécanique depuis les années 50.
Au milieu de l'année 1968, il est proposé à l'université de présenter un projet au Salon de l'automobile national. Sous l'impulsion du responsable de ce département, le Professeur Rigoberto Soler, les étudiants créent en 58 jours une petite voiture amphibie propulsée par une hélice carénée fonctionnelle : la FEI-X1. Forts de ce succès, l'équipe se lance l'année suivante sur un prototype d'aéroglisseur le FEI-X2 : léger, à l'aise sur terre comme sur l'eau, il évolue à près de 60 km/h. Pendant ce temps, une autre équipe travaille elle sur les moyens de propulsion et conçoit un petit monorail tout électrique appelé TALAV-1 (Trem Aerodinâmeco de Alta Velocidade).
Tout cela est présenté au salon de 1970. Le ministre Brésilien de l'industrie et du commerce de l'époque, Marcus Vinicius Pratini de Moraes, présent au salon, montre alors son vif intérêt pour ces travaux. Etant en passe de lancer une consultation sur un réseau de transport performant pour l'immense agglomération de São Paulo, il propose à l'équipe du Professeur Soler de plancher sur ce que pourrait être la réponse adaptée avec une aide par des financements publics à la clé. C'est l'acte de naissance du TALAV.
Ce sont 2 années d'études et de conception qui commencent. Les différentes équipent unissent leurs travaux pour créer un engin de 3 tonnes pour 20 places, sur coussins d'air, en aluminium, résine et fibre de verre. Le projet prévoit initialement une propulsion avec une hélice, mais l'ajout de 2 turboréacteurs est finalement retenu. L'accès des passagers se fait par l'avant du véhicule : le pare brise monté sur des vérins, s'avance pour créer 2 sorties latérales. Car les pilotes sont eux, à l'arrière, au niveau du toit, entre les 2 turboréacteurs…
L'engin est terminé en septembre 1972, juste à temps pour être présenté à l'exposition du 150ème anniversaire de l'indépendance du Brésil et dont l'objectif principal était de faire connaître eu monde entier le savoir-faire Brésilien. L'exposition se tenait à Parque Anhembi, à une quarantaine de kilomètres de Sao Paulo. Le prototype y fut emmené, non sans avoir découpé préalablement un mur de la maison du génie mécanique pour le sortir. Mais l'argent et l'espace manquent pour lui faire une voie en gouttière adaptée. Les tests sont donc réalisés sur les surfaces planes alentours. Les essais de sustentation sont concluants, mais face au manque de place et au danger que cela représente, les turboréacteurs ne sont pas employés pour le propulser. Il est un temps envisagé de faire une voie d'essais entre Rio de Janeiro et Santos. Mais la lutte économique dans les moyens de transports est âpre et c'est finalement un projet français ferré traditionnel qui est retenu pour São Paulo.
Le projet et les maquettes sont présentés en Europe en 1973, à Bruxelles en Belgique lors d'une exposition. Le prototype est lui stocké avec ses cousins dans les locaux du FEI. En 1980, il est décidé de le détruire, faute de place pour le conserver correctement. Il est démonté sur place et ses moteurs sont revendus. Il reste à ce jour pour cette université, une réalisation majeure, encore régulièrement évoquée lors de diverses commémorations.