Ha merci pour ce recadrage de bon aloi, je pense qu'il serait bon de clore le sujet après ceci.
Quand a Jean Bertin, il a tout simplement lancé une idée, développé un concept, construit des machines (principalement sur fonds propres), et ce sans la moindre recherche d'appuis au préalable, hormis Pompidou, qui était bien le seul a le suivre.
Il a par contre remarquablement bien réussi a utiliser la stratégie marketing de "création d'un besoin avec un produit nouveau". Cependant, n'ayant aucun appuis et n'ayant que des ennemis, c'est son concurrent direct qui a "étanché" ce besoin : Alstom, et leur TGV.
C'est comme si Steve Jobs inventait l'iPad, avec Steve Wozniak qui lui dirait "c'est super ton truc", puis le montrerai au monde entier, mais sans avoir sa machine marketing et ses revendeurs par derrière. Résultat, c'est Samsung et leur Galaxy Tab qui aurait complètement écrasé son produit.
Mais je pense que Jean Bertin était juste trop honnête et gentil pour savoir et comprendre que la politique est un milieux de requins malhonnête.
Et sa conviction était que le caractère révolutionnaire de son idée allait du coup, par magie, lui faire gagner l'unanimité. Navré pour les idéalistes, mais c'est bel et bien faux, une bonne idée s'écrase toujours invariablement comme une mer... heu crêpe sur le mur de l'inertie psychologique et du scepticisme général. C'est arrivé a Richard Trevithick, qui a été contraint d'abandonner son concept de locomotive a vapeur dans les cartons, et c'est Stephenson, bien meilleurs gestionnaire et ayant plus de copaings, qui la ressortira des oubliettes.
La France est le grand pays du massacre de bonne idées. Je rappelle que c'est grâce au scepticisme et au magouilles de marchés publics que nous avions dix ans de retard pour avoir Internet en France (mais on avait le .... minitel

^^" ).
En tout cas si vous voulez voir l'Aérotrain ressortir des cartons pour de vrai, ce qu'il faut, c'est un Stephenson, qui a du fric, des appuis. Beaucoup des deux en fait, même.