Bonjour à tous,
Bien que n'ayant pas la prétention d'être spécialiste en mécanique des fluides, voici quelques réflexions sur le sujet qui pourraient lancer le débat (toute suggestion créative est la bienvenue dans un projet de ce type !).
Considérant uniquement le besoin d'alimentation en air pour assurer la sustentation (la propulsion est un autre débat, moteur électrique ou turbomachine), 3 solutions viennent à l'esprit :
1. Captation par ouvertures frontales (comme sur l'I80)
Avantages : on profite pleinement de l'effet de pression dynamique. Cette pression, croissant comme le carré de la vitesse de déplacement du véhicule, est celle que l'on peut ressentir (en schématisant ...) lorsqu'on passe la main en dehors d'une voiture roulant à pleine vitesse. Pour les phases à grande vitesse, cette augmentation naturelle de pression peut se substituer partiellement voire totalement à la compression des ventilateurs de sustentation, rendant ainsi la sustentation quasi autonome.
Par ailleurs, la traînée aérodynamique générée par ces entrées d'air frontales est inscrite dans la traînée due au maitre couple du véhicule, et ne constitue pas une pénalité supplémentaire.
Inconvénients : l'effet de pression dynamique n'est sensible qu'aux hautes vitesses, les ventilateurs de sustentation ne peuvent donc être totalement supprimés. Cet effet est en outre limité dimensionnellement, et s'accomode mal du cheminement à travers de longs canaux : une perte de charge (perte de pression) conséquente apparaît au fil du cheminement vers l'arrière, ce qui limite son effet sur un véhicule de grande longueur.
Par ailleurs, toute cavité placée dans un écoulement d'air a tendance à générer du bruit de recirculation, pénalisant l'acoustique du véhicule (encore que ceci puisse être amélioré par le biais de "pièges" sous forme de matériaux en nid d'abeille).
2. Captation par écopes latérales positionnées sur les jupes de sustentation
Avantages : peuvent être placées n'importe où sur le véhicule (par exemple au niveau de chacun des coussins d'air à alimenter), peu de cheminement du flux avant d'atteindre le coussin d'air donc peu de perte de pression
Inconvénients : l'effet de pression dynamique est moindre sur des écopes latérales. Par ailleurs il s'agit cette fois ci d'un facteur de traînée aérodynamique supplémentaire sur le véhicule, les écopes "dépassant" du maitre couple. On retrouve également la problématique acoustique ainsi que celle de l'alimentation à basse vitesse nécessitant toujours un ventilateur interne.
3. Captation par écopes situées sur le toit du véhicule (suggestion georges)
Avantages : probablement un petit gain acoustique, en l'absence de recirculations de l'écoulement.
Inconvénients : nombreux ...

Aucune possibilité de profiter de l'effet de pression dynamique : un système de captation perpendiculaire à l'écoulement ne capte que la pression statique, c'est à dire la pression ambiante. Il y a donc nécessité d'activer en permanence le ventilateur, qui devra à lui tout seul provoquer le prélèvement de débit nécessaire. Par ailleurs, à grande vitesse se développe autour du fuselage du véhicule une zone dans laquelle les vitesses sont bcp plus lentes que l'écoulement dans lequel il avance, appelée couche limite. Effectuer un prélèvement de débit dans cette couche limite est délicat.
Enfin, il faudrait amener l'écoulement du toit vers les coussins d'air nécessairement situés en bas du véhicule, donc traverser d'une manière ou d'une autre toute la cabine, ce qui sur le plan de l'aménagement intérieur risque de poser problème. En effet, le canal d'alimentation doit présenter des pentes et des coudes extrêmements modérés pour éviter tout phénomène de choc aérodynamique (création d'une discontinuité de l'écoulement conduisant à une réduction sensible du débit, voire à son blocage total). Il est probable que cela nécessite un long serpent de plusieurs mètres courant en courbe douce du toit au coussin d'air ...
4. Toit entier reconverti en écope de captation (suggestion pjskyman)
Sur le plan aérodynamique, cette solution revient en fait à déplacer les ouies frontales de la solution 1. sur le toit, et de canaliser l'écoulement vers les coussins d'air par un système aussi complexe que la solution 3.
Pour reprendre le parallèle avec une aile d'avion, je ne pense pas en première approche que le toit puisse constituer un dispositif générateur de portance, en raison du faible débit qui va passer dans l'écope de captation (faible en regard de la longueur du véhicule). L'idée mérite cependant d'être creusée.
Le look général de l'I80 peut effectivement donner l'impression qu'il serait largement optimisable, mais dans les grandes lignes architecturales qui le composent il n'y a en définitive pas tant de choses à changer ... Si les moyens informatiques et codes de maillage aéro 3D ont fait des progrès considérables depuis les années 60/70, les phénomènes physiques de base sont restés les mêmes, et l'équipe Bertin avait fait preuve d'un sens aigu de l'analyse pour aboutir à une solution des plus pertinentes ... Les moyens de conception actuels permettent l'optimisation des solutions, mais les grandes lignes de ces dernières restent dictées par une vision claire des phénomènes physiques. Il serait certainement extrêmement intéressant de pouvoir récupérer les études théoriques réalisées sur l'Aérotrain sur ces points là ...